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JOSÉPHINE: Qu'est-ce que le néant?
BÉRENGER: C'est une hypothèse cosmique de travail ... On ne peut pas dire qu'il existe, car s'il existait, il ne serait pas le néant.

BÉRENGER: Dites vite, monsieur. Je n'ai pas le temps. Je me repose.

... il vaut mieiux être un moine pensent qu'un penseur postmoderne.

Elles préfèrent les histoires aux théories, les anecdotes aux concepts, les images aux idées.

Il se prétendait fort en diplomatie, la science de ceux qui n'en ont aucune et qui sont profonds par leur vide ...

... il savait et ignorait tout.

L'un des malheurs auxquels sont soumises les grandes intelligences, c'est de comprendre forcément toutes choses, les vices aussi bien que les vertus.

Après une mois de lecture frénétique je décide avec un intense soulagement que la phénoménologie [de Husserl] ets une escroquerie. De la même manière que les cathédrales ont toujours éveillé en moi ce sentiment proche de la syncope que l'on éprouve face à la manifestation de ce que les hommes peuvent bâtir à la gloire de quelque chose qui n'existe pas, la phénoménologie harcèle mon incrédulité à la perspective que tant d'intelligence ait pu servir une si vaine enterprise.

Ceux qui savent faire font, ceux qui ne savent pas faire enseignent, ceux qui ne savent pas enseigner enseignent aux enseignants et ceux qui ne savent pas enseigner aux enseignants font de la politique.
...
Mais moi, je crois que cette phrase est une vraie pensée profonde, justement parce que ce n'est pas vrai, en tout cas pas entièrement vrai. Ça ne veut pas dire ce qu'on croit au départ. Si on s'élevait dans la hiérarchie sociale en proportion de son incompétence, je vous garantis que le monde ne tournerait pas comme il tourne. Mais le problème n'est pas là. Ce que veut dire cette phrase, ce n'est pas que les incompétents ont une place au soleil, c'est que rien n'est plus dur et injuste que la réalité humaine: les hommes vivent dans un monde où ce sont les mots et non les actes qui ont du pouvoir, où la compétence ultime, c'est la maîtrise du langage. C'est terrible, parce que, au fond, nous sommes des primates programmés pour manger, dormir, nous reproduire, conquérir et sécuriser notre territoire et que les plus doués pour ça, les plus animaux d'entre nous, se font toujours avoir par les autres, ceux qui parlent bien alors qu'ils seraient incapables de défendre leur jardin, de ramener un lapin pour le dîner ou de procréer correctement. Les hommens vivent dans un monde où ce sont les faibles qui dominent. C'est une injure terrible à notre nature animale, un genre de perversion, de contradiction profonde.

Il nous semble que nous avons toujours vu et senti et, forts de cette croyance, nous identifions dans la venue au monde l'instant décisif où naît la conscience. Que, pendent cinq années, une petite fille prénommée Renée, mechanisme perceptif opérationnel doué d'audition, d'olfaction, de goût et de tact, ait pu vivre dans la parfaite inconscience d'elle-même et de l'univers, est un démenti à cette théorie hâtive. Car pour que la conscience advienne, il faut un nom.

On sent enfin que le talent de cent homme-là se borne à se faire payer bien exactement ce qu'on lui doit, et à payer lui-même le pus tard possible quand il doit.

Coupeau à Saint-Anne:
- Ah! ça, c'est gentil, c'est pommé... Il y a des chalets, une vraie foire. Et de la musique un peu chouette! Quel balthazar! ils cassent les pots, là dedans... Très chic! V'la que ça s'illumine; des ballons rouges en l'air, et ça saute, et ça file!... Oh! oh! que de lanternes dans les arbres!... Il fait joliment bon! Ça pisse de partout, des fontaines, des cascades, de l'eau qui chante, oh! d'une voix d'enfant de choeur... Épatant! les cascades!